Les Mabinogion, source principale Tradition médiévale
Les Mabinogion (ou plus exactement les « Quatre branches du Mabinogi ») constituent la principale source narrative galloise. Rédigés au XIe–XIIe siècle, ils mettent en scène des personnages dont beaucoup sont d'anciens dieux euhémérisés. Pwyll, prince de Dyfed, épouse Rhiannon (cognate de la déesse gauloise Rigantona, « grande reine ») ; Brân le Béni possède un chaudron de résurrection ; Manawyddan, fils de Llŷr, est l'équivalent gallois du Manannán irlandais1.
La famille de Dôn Tradition médiévale
La quatrième branche met en scène la famille de Dôn (cognate de la Dana irlandaise) : Math fils de Mathonwy, seigneur de Gwynedd, est un roi-magicien qui ne peut vivre que les pieds posés sur le giron d'une vierge, sauf en temps de guerre. Gwydion, son neveu, est un magicien, conteur et trompeur, proche du Lug irlandais. Arianrhod, sœur de Gwydion, est la mère de Lleu Llaw Gyffes, dont le nom et le destin rappellent le Lug irlandais2.
Arawn et l'Annwn Tradition médiévale
Arawn, roi d'Annwn (l'Autre Monde gallois), apparaît dans la première branche. Son royaume n'est ni sombre ni punitif : c'est une terre d'abondance et de beauté, peuplée de chiens blancs aux oreilles rouges (les cwn Annwn). L'échange entre Pwyll et Arawn — chacun prenant l'apparence de l'autre pendant un an — illustre la porosité entre le monde des vivants et l'Autre Monde, thème central de la mythologie celtique3.
Parallèles avec l'Irlande Analyse
La comparaison entre les deux panthéons insulaires fait apparaître des correspondances significatives : Manannán/Manawyddan, Lug/Lleu, Dana/Dôn, Morrigan/Rhiannon (par certains traits). Ces correspondances confirment une origine commune, remontant à une mythologie brittonique partagée avant la séparation linguistique entre gaélique et brittonique4.
Cependant, les différences sont aussi instructives que les ressemblances. Le panthéon gallois a subi une littérarisation plus poussée : les dieux y sont devenus des personnages romanesques, et la dimension religieuse s'est estompée au profit de la narration.