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Croyances · Panthéon gallois

Math fils de Mathonwy

Math fils de Mathonwy, roi-magicien de Gwynedd, lie à un tabou insolite — ne jamais quitter le giron d'une jeune fille vierge, sauf en temps de guerre — l'un des récits les plus denses de la Quatrième Branche du Mabinogi, qui voit naître son petit-neveu Lleu Llaw Gyffes.

Relu par le comité éditorial Publié le 10 juillet 2026 Lecture ≈ 7 min

Le tabou du porte-pieds Tradition médiévale

Math, seigneur de Gwynedd, ne peut vivre qu'en gardant en permanence les pieds posés sur le giron d'une jeune fille vierge, à l'exception des périodes de guerre — condition qui l'oblige à rester quasi immobile à sa cour. Sa porte-pieds, Goewin, est violée par son neveu Gilfaethwy, qui convoitait la jeune fille depuis longtemps. Pour créer l'occasion, son frère Gwydion déclenche une fausse guerre contre Pryderi de Dyfed, prétexte au départ de Math sur le champ de bataille pendant que Goewin reste sans protection1.

Le châtiment de Gwydion et Gilfaethwy Tradition médiévale

À son retour, Math épouse Goewin pour réparer l'outrage, puis punit les deux coupables : il les transforme successivement en couples d'animaux — cerf et biche, sanglier et laie, loup et louve — pendant trois années, en inversant chaque année lequel des deux porte le sexe femelle, et les contraint à s'accoupler et à engendrer chacun un petit, qu'il transforme ensuite en garçon humain. Ce triple châtiment achevé, Gwydion et Gilfaethwy sont réintégrés dans leur forme et leur rang2.

᚛ La transformation en cerfs

« Je ferai de vous deux un cerf et une biche [...] et dans un an, revenez ici avec votre petit. » Ainsi advint-il : au bout de l'année, ils revinrent, et il y avait avec eux un faon.

D'après la Quatrième Branche du Mabinogi (« Math vab Mathonwy »), tradition manuscrite galloise médiévale.

Arianrhod et la naissance de Lleu Tradition médiévale

Math a désormais besoin d'une nouvelle porte-pieds. Gwydion propose sa propre sœur, Arianrhod, mais celle-ci échoue à l'épreuve de virginité que lui fait passer Math : en l'enjambant, elle met aussitôt au monde deux enfants — Dylan, qui gagne immédiatement la mer et y devient une créature marine, et une forme informe que Gwydion recueille, enveloppe et voit se développer en un garçon qu'il élève lui-même. Furieuse d'avoir été ainsi exposée, Arianrhod jette sur cet enfant une série de malédictions (tynghedau) lui interdisant nom, armes et épouse humaine, sauf si Gwydion parvient à les contourner par la ruse — ce qu'il fait, donnant naissance à Lleu Llaw Gyffes2.

Un roi-magicien, figure de souveraineté Analyse

Le tabou physique qui lie Math à l'intégrité de sa porte-pieds rappelle, par contraste, la règle irlandaise interdisant à un roi infirme de régner, illustrée par Nuada : dans les deux traditions insulaires, la légitimité royale reste attachée à une forme d'intégrité corporelle, qu'elle soit celle du roi lui-même ou, ici, celle de sa protégée. Math incarne par ailleurs l'archétype du roi-magicien gallois, savoir et pouvoir politique réunis dans une même figure3.

Notes & références

  1. Sioned Davies (trad.), The Mabinogion, Oxford, Oxford University Press, 2007.
  2. W. J. Gruffydd, Math vab Mathonwy, Cardiff, University of Wales Press, 1928.
  3. Proinsias Mac Cana, Celtic Mythology, Londres, Hamlyn, 1970.

Méthode & prudence

La nature exacte du tabou de Math — motif narratif ou souvenir d'une croyance rituelle réelle — n'est pas tranchée par les sources.

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Math n'est qu'une des figures majeures du Mabinogi, principale source du panthéon gallois.

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