Les sources votives Archéologie
L'archéologie a mis au jour de nombreux dépôts votifs dans des sources et des puits à travers le monde celtique. Les sources de Chamalières (Puy-de-Dôme) et de Fontes Sequanae (sources de la Seine, en Côte-d'Or) ont livré des milliers d'ex-voto en bois ou en métal représentant des membres du corps, des yeux, des organes internes — témoignages d'un culte guérisseur lié à l'eau1.
La source de Chambon (Creuse) a livré une tablette en plomb inscrite en gaulois, l'une des rares prières gauloises conservées. Ces textes confirment que les sources étaient des lieux de dévotion active, pas de simples points d'eau.
Les dépôts lacustres Archéologie
Le site de La Tène (lac de Neuchâtel, Suisse), qui a donné son nom à la civilisation celtique du second âge du fer, a livré des centaines d'armes, de fibules et d'outils déposés dans le lac. L'interprétation oscille entre le dépôt votif et le site de bataille, mais la concentration et la qualité des objets suggèrent fortement une intention rituelle2.
Le lac de Llyn Cerrig Bach (Anglesey, Galles) a livré un ensemble d'armes et de chaînes d'esclaves en fer que l'on rapproche de la destruction du sanctuaire de Mona par les Romains en 60–61 ap. J.-C.
Les déesses des rivières Source antique
De nombreuses rivières du monde celtique portent des noms de divinités féminines : la Seine (déesse Sequana), la Marne (Matrona, « la Mère »), la Saône (Souconna). En Irlande, la Boyne porte le nom de la déesse Bóand, et le Shannon celui de Sínann. Cette sacralisation des cours d'eau témoigne d'une conception du paysage comme habité par des forces divines3.
L'eau comme passage Analyse
L'eau est, dans la cosmologie celtique, un lieu de passage entre les mondes. L'Autre Monde peut être atteint par un lac, une source ou un voyage sur la mer. Les dépôts d'objets dans l'eau — armes, bijoux, objets précieux — peuvent être interprétés comme des offrandes envoyées vers l'autre monde par l'intermédiaire de l'élément aquatique4.
Notes & références
- Simone Deyts, Les bois sculptés des sources de la Seine, Paris, CNRS, 1983. ↩
- Sur le site de La Tène : collectif, La Tène, un site, un mythe, Hauterive, Laténium, 2009. ↩
- Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, entrées « Sequana », « Matrona ». ↩
- Miranda Green, The Gods of the Celts, Stroud, Sutton, 1986. ↩