Encyclopédie collaborative des traditions druidiques — 79 articles · antiquité celtique, sources & renouveau
Nemeton Encyclopédie du druidisme
Néo-druidisme · Origines

Le renouveau du XVIIIe siècle

Le néo-druidisme naît au XVIIIe siècle, quand des antiquaires et des intellectuels britanniques fondent les premières organisations se réclamant des druides antiques. Ce mouvement mêle franc-maçonnerie, romantisme, nationalisme et fascination pour un passé celtique largement réinventé.

Relu par le comité éditorialPublié le 9 juillet 2026Lecture ≈ 7 min

John Toland et les premiers cercles Postérité moderne

John Toland (1670–1722), philosophe irlandais et libre penseur, est parfois considéré comme le fondateur du néo-druidisme. Son ouvrage posthume A Critical History of the Celtic Religion (compilé vers 1718–1720, publié en 1726 sous le titre History of the Druids) promeut l'idée que les druides étaient des rationalistes avant la lettre, prêchant un monothéisme naturel. Toland aurait fondé un « Ancient Druid Order » en 1717, mais cette date est contestée par les historiens1.

Gravure en médaillon d'un profil d'homme couronné de feuilles, entouré de l'inscription Chyndonax
« Chyndonax » : William Stukeley portraituré en druide, frontispice gravé par J. Van der Gucht pour Stonehenge, a Temple Restor'd to the British Druids (1740) — l'antiquaire s'était donné lui-même ce surnom druidique. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Stukeley et la « druidomanie » Postérité moderne

William Stukeley (1687–1765), antiquaire et médecin, joua un rôle déterminant dans la mythification des druides. Ses relevés minutieux de Stonehenge et d'Avebury furent accompagnés d'interprétations fantaisistes : il voyait dans ces monuments des « temples druidiques » et se donna lui-même le surnom de « Chyndonax, druide ». Son Stonehenge, A Temple Restor'd to the British Druids (1740) fixa l'association druides-mégalithes dans l'imaginaire collectif2.

L'Ancient Order of Druids Postérité moderne

En 1781, Henry Hurle fonda l'Ancient Order of Druids (AOD) à Londres, une société fraternelle et mutualiste inspirée de la franc-maçonnerie. L'AOD n'avait pas de prétention religieuse : c'était une organisation d'entraide dotée d'un cérémonial « druidique » de fantaisie. Elle connut un succès considérable et essaima dans tout l'Empire britannique et aux États-Unis, atteignant plusieurs centaines de milliers de membres au XIXe siècle3.

Regard critique Analyse

Le néo-druidisme du XVIIIe siècle ne repose sur aucune continuité historique avec les druides antiques. Il s'agit d'une « tradition inventée » au sens d'Eric Hobsbawm : une construction moderne revêtue d'une apparence d'ancienneté. Cela ne diminue pas l'intérêt du phénomène en tant que fait culturel, mais interdit de le confondre avec le druidisme historique4.

Notes & références

  1. John Toland, A Critical History of the Celtic Religion (posth. 1726). Voir Ronald Hutton, Blood and Mistletoe: The History of the Druids in Britain, Yale, 2009.
  2. Stuart Piggott, The Druids, London, Thames and Hudson, 1968.
  3. Ronald Hutton, Blood and Mistletoe, Yale, 2009.
  4. Eric Hobsbawm et Terence Ranger (éd.), The Invention of Tradition, Cambridge, 1983.

Méthode & prudence

Chaque section porte une étiquette indiquant la nature de ses sources.

Notre charte éditoriale

Améliorer cet article

Proposez une correction ou un complément.

Proposer une correction