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Croyances · Panthéon gaulois

Épona

Épona, la déesse-jument, est un cas unique dans le panthéon gaulois : loin de rester une divinité locale mal connue, elle a été officiellement adoptée par l'État romain, au point de recevoir un culte jusque dans les casernes de cavalerie de Rome elle-même.

Relu par le comité éditorial Publié le 10 juillet 2026 Lecture ≈ 6 min

Étymologie : la Grande Jument Linguistique

Le nom Épona se forme sur le gaulois epos, « cheval », auquel s'ajoute le suffixe -ona, marqueur fréquent de théonymes féminins protecteurs (comparer Matrona, Sirona). Le nom peut se traduire par « la Grande Jument » ou « celle qui a des chevaux »1.

Stèle sculptée d'une déesse assise entre deux chevaux qui tournent la tête vers elle
Épona entre deux chevaux, relief du Römermuseum de Schwarzenacker (Allemagne). Photo : Dguendel, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Une divinité exceptionnellement attestée Épigraphie

Épona est, avec Teutatès, l'une des divinités gauloises les mieux documentées par l'épigraphie : plusieurs centaines d'inscriptions et de dédicaces la mentionnent à travers la Gaule, la Germanie et la Bretagne insulaire, mais aussi jusqu'à Rome2. Ce succès est exceptionnel pour une divinité d'origine celtique : la plupart des dieux gaulois restent confinés à leur région d'origine, alors qu'Épona a été intégrée au calendrier religieux officiel de l'armée romaine — le Feriale Duranum, calendrier des fêtes militaires découvert à Doura-Europos en Syrie, lui réserve une date, le 18 décembre.

Iconographie Source antique

Les représentations d'Épona la montrent le plus souvent assise en amazone sur un cheval, ou trônant entre deux ou plusieurs chevaux (parfois des poulains), tenant une corne d'abondance, une patère ou des épis de blé — attributs qui l'associent à la fertilité et à la prospérité autant qu'aux chevaux eux-mêmes3.

Un culte porté par la cavalerie Analyse

Le culte d'Épona était particulièrement populaire parmi les cavaliers, les palefreniers et le personnel des écuries de l'armée romaine, qui diffusèrent son culte bien au-delà des frontières gauloises à mesure que les troupes se déplaçaient dans l'Empire. Des niches et autels lui étant dédiés ont été retrouvés à proximité d'écuries militaires, confirmant ce lien étroit entre la déesse et le monde équestre professionnel plutôt qu'un culte agraire diffus dans l'ensemble de la population.

Notes & références

  1. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, Errance, 2003, s.v. epos.
  2. Fernand Benoit, « Épona », Latomus, 9, 1950.
  3. Miranda Green, Symbol and Image in Celtic Religious Art, Londres, Routledge, 1989.

Méthode & prudence

Le succès exceptionnel d'Épona dans l'épigraphie romaine ne doit pas faire oublier que la plupart des dieux gaulois restent, eux, très mal attestés.

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Épona n'est qu'une des divinités connues du panthéon gaulois, largement reconstitué à partir de sources fragmentaires.

Panthéon gaulois